aboutsummaryrefslogtreecommitdiffstats
path: root/markdown/2018_01_les-terminaux-sont-ils-le-maillon-faible-de-louverture-dinternet.md
diff options
context:
space:
mode:
authorDenis 'GNUtoo' Carikli <GNUtoo@cyberdimension.org>2023-12-31 13:18:02 +0100
committerDenis 'GNUtoo' Carikli <GNUtoo@cyberdimension.org>2023-12-31 13:18:19 +0100
commit24ba2134fae77c76af8ab5880e1b21b519ed5941 (patch)
treeeb24222136f267ac3e501d2596530e43f3fa4d20 /markdown/2018_01_les-terminaux-sont-ils-le-maillon-faible-de-louverture-dinternet.md
parentdac22e627f3c716201556537849743387464c73d (diff)
downloadhaunt-blog-24ba2134fae77c76af8ab5880e1b21b519ed5941.tar.gz
haunt-blog-24ba2134fae77c76af8ab5880e1b21b519ed5941.tar.bz2
haunt-blog-24ba2134fae77c76af8ab5880e1b21b519ed5941.zip
Add generated markdown files.
Signed-off-by: Denis 'GNUtoo' Carikli <GNUtoo@cyberdimension.org>
Diffstat (limited to 'markdown/2018_01_les-terminaux-sont-ils-le-maillon-faible-de-louverture-dinternet.md')
-rw-r--r--markdown/2018_01_les-terminaux-sont-ils-le-maillon-faible-de-louverture-dinternet.md98
1 files changed, 98 insertions, 0 deletions
diff --git a/markdown/2018_01_les-terminaux-sont-ils-le-maillon-faible-de-louverture-dinternet.md b/markdown/2018_01_les-terminaux-sont-ils-le-maillon-faible-de-louverture-dinternet.md
new file mode 100644
index 0000000..cce8026
--- /dev/null
+++ b/markdown/2018_01_les-terminaux-sont-ils-le-maillon-faible-de-louverture-dinternet.md
@@ -0,0 +1,98 @@
+tags: Institutional, Paul Kocialkowski
+date: 2018-01-10 19:12
+title: Les terminaux sont ils le maillon faible de l’ouverture d’internet ?
+---
+Les terminaux font aujourd’hui partie de la vie quotidienne de millions
+d’utilisateurs, au travers d’appareils de différents formats et en particulier
+d’appareils mobiles de type smartphone, tablette ou d’ordinateurs portables.
+Ces appareils ont permis de numériser bon nombre d’aspects de la vie, qu’il
+s’agisse des communications entre les individus ou la capture, le stockage et
+l’échange d’informations. Ces appareils disposent en effet de nombreuses
+entrées/sorties permettant de capter et d’interagir avec l’environnement, en
+récoltant et en stockant une très grande quantité de données tout au long de
+chaque journée. Ces données sont très largement stockées au sein
+d’infrastructures de stockage de différentes entreprises, le plus souvent des
+multinationales Américaines.
+
+Ces appareils se caractérisent donc par une grande capacité à interagir avec
+les différents aspects du quotidien et une connectivité accrue permettant la
+communication et le partage de données, mais également par l’accès à de
+nombreux contenus et services en ligne. En effet, ces terminaux sont les
+passerelles d’accès pour l’accès rapide au web et à différents types de
+services, qui génèrent un grand nombre de méta-données et forment en cela une
+empreinte numérique de l’utilisateur, qui permettra son identification fine.
+Ces procédés d’identification sont par ailleurs connus pour être mis en œuvre
+par de nombreuses agences de renseignement.
+
+Les utilisateurs peuvent donc légitimement se poser la question de la
+confiance qu’ils peuvent accorder à ces terminaux, en particulier du point de
+vue de leur fonctionnement et agissements réels vis-à-vis des données qu’ils
+traitent, mais également de leur sécurité, afin de s’assurer que ces données
+ne sont pas vulnérables et restent effectivement privées. Le contrôle de ces
+appareils apparaît ainsi comme un élément clef, en ce qu’il permet à
+l’utilisateur de s’assurer du bon fonctionnement de l’appareil tout au long de
+son utilisation. Il s’agit pour cela dans un premier temps d’être en mesure
+d’effectuer des audits du code utilisé sur l’appareil et de pouvoir le
+modifier et l’exécuter par la suite. Il devient alors possible pour
+l’utilisateur d’y apporter ses modifications personnelles ou celles de la
+communauté, de supprimer toute restriction volontaire de fonctionnalité mais
+aussi d’effectuer des audits de sécurité pour identifier les vulnérabilités et
+les portes dérobées et d’apporter des corrections indépendamment des
+constructeurs des appareils qui prennent rarement en charge les appareils de
+nombreuses années. Il s’agit également par là de garantir l’accès à la
+connaissance du fonctionnement des appareils, présentant ainsi une opportunité
+pour étudiants, curieux et passionnés d’étudier et de modifier des logiciels
+largement utilisés. De plus, la préservation de cette connaissance reste un
+enjeu pour assurer un certain contrôle à long terme de la technologie,
+toujours plus présente, de la part de la société toute entière.
+
+Le règlement Européen 2015/2120 prévoit pour les utilisateurs « le droit
+d’accéder aux informations et aux contenus et de les diffuser, d’utiliser et
+de fournir des applications et des services et d’utiliser les équipements
+terminaux de leur choix, ». La question du libre choix du terminal ouvre la
+porte à la possibilité pour l’utilisateur de pouvoir choisir des terminaux en
+lesquels ils peuvent avoir confiance, sur lesquels ils ont le contrôle et dont
+le fonctionnement est connu et largement diffusé. Le projet Replicant
+s’inscrit tout particulièrement dans cette démarche, en développant un système
+d’exploitation entièrement composé de logiciels libres, basé sur le code libre
+d’Android, diffusé par Google. Il s’agit, à partir de cette base libre, de
+développer les logiciels nécessaires à la prise en charge matérielle de
+différents appareils mobiles, de manière plus ou moins complète mais avec un
+minimum de fonctionnalités disponible. Replicant s’inscrit donc au niveau du
+système d’exploitation, mais les problématiques de la confiance, du contrôle
+et de la connaissance des appareils concernent plus largement l’ensemble des
+composants des appareils mobiles. S’il est en général aujourd’hui possible de
+remplacer le système d’exploitation de ces appareils, la tâche est autrement
+moins aisée pour d’autres composants critiques tels que les logiciels de
+démarrage, qui s’exécutent avant le système d’exploitation, mais également les
+environnements d’exécution de confiance qui s’exécutent pendant toute la durée
+d’utilisation des appareils avec les privilèges les plus élevés sur
+l’appareil. Les appareils qui, en plus de présenter une connectivité TCP/IP à
+l’Internet sont également connectés au réseau GSM disposent d’un composant
+dédié à cette communication mobile, le baseband ou modem. Tout comme les
+logiciels cités précédemment, le logiciel qui s’exécute sur ce modem est bien
+souvent protégé par une signature numérique qui rend impossible sa
+modification par quiconque ne possède pas la clef privée du fabricant, qu’il
+ne divulgue pas. Il est ainsi impossible d’exécuter du logiciel libre dans ces
+cas de figure, n’offrant ainsi jamais à l’utilisateur une véritable confiance,
+ni de véritable contrôle ou une connaissance complète de son fonctionnement.
+
+De cette façon, on retire du pouvoir aux utilisateurs finaux, qu’il s’agisse
+d’individus ou d’entreprises intermédiaires qui utilisent et intègrent ces
+appareils, qui est alors dans les mains du fabricant des appareils. Il s’agit
+ainsi de consacrer l’union entre le matériel d’une part et le logiciel qui
+s’exécute sur celui-ci d’autre part. Pour autant, le logiciel se caractérisant
+comme des instructions pouvant être modifiées, il est une utilisation tout à
+fait légitime pour l’utilisateur de pouvoir modifier le logiciel s’exécutant
+sur chacun de ses appareils, qui est par nature dissocié de l’aspect matériel
+qui permet son exécution. On souhaite donc particulièrement insister sur cette
+distinction fondamentale, de l’appareil d’une part et du logiciel qu’il
+exécute d’autre part.
+
+Cette capacité de modifier les logiciels présente par sa nature de nombreuses
+opportunités d’innovation par la très grande flexibilité qu’elle offre, qui
+permet l’élaboration d’applications et de services innovants qui sont tout à
+fait de nature à favoriser l’ouverture d’Internet et le développement de
+l’activité qui lui est associée.
+
+