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| author | Denis 'GNUtoo' Carikli <GNUtoo@cyberdimension.org> | 2023-12-31 13:18:02 +0100 |
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| committer | Denis 'GNUtoo' Carikli <GNUtoo@cyberdimension.org> | 2023-12-31 13:18:19 +0100 |
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Signed-off-by: Denis 'GNUtoo' Carikli <GNUtoo@cyberdimension.org>
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Ces appareils disposent en effet de nombreuses +entrées/sorties permettant de capter et d’interagir avec l’environnement, en +récoltant et en stockant une très grande quantité de données tout au long de +chaque journée. Ces données sont très largement stockées au sein +d’infrastructures de stockage de différentes entreprises, le plus souvent des +multinationales Américaines. + +Ces appareils se caractérisent donc par une grande capacité à interagir avec +les différents aspects du quotidien et une connectivité accrue permettant la +communication et le partage de données, mais également par l’accès à de +nombreux contenus et services en ligne. En effet, ces terminaux sont les +passerelles d’accès pour l’accès rapide au web et à différents types de +services, qui génèrent un grand nombre de méta-données et forment en cela une +empreinte numérique de l’utilisateur, qui permettra son identification fine. +Ces procédés d’identification sont par ailleurs connus pour être mis en œuvre +par de nombreuses agences de renseignement. + +Les utilisateurs peuvent donc légitimement se poser la question de la +confiance qu’ils peuvent accorder à ces terminaux, en particulier du point de +vue de leur fonctionnement et agissements réels vis-à-vis des données qu’ils +traitent, mais également de leur sécurité, afin de s’assurer que ces données +ne sont pas vulnérables et restent effectivement privées. Le contrôle de ces +appareils apparaît ainsi comme un élément clef, en ce qu’il permet à +l’utilisateur de s’assurer du bon fonctionnement de l’appareil tout au long de +son utilisation. Il s’agit pour cela dans un premier temps d’être en mesure +d’effectuer des audits du code utilisé sur l’appareil et de pouvoir le +modifier et l’exécuter par la suite. Il devient alors possible pour +l’utilisateur d’y apporter ses modifications personnelles ou celles de la +communauté, de supprimer toute restriction volontaire de fonctionnalité mais +aussi d’effectuer des audits de sécurité pour identifier les vulnérabilités et +les portes dérobées et d’apporter des corrections indépendamment des +constructeurs des appareils qui prennent rarement en charge les appareils de +nombreuses années. Il s’agit également par là de garantir l’accès à la +connaissance du fonctionnement des appareils, présentant ainsi une opportunité +pour étudiants, curieux et passionnés d’étudier et de modifier des logiciels +largement utilisés. De plus, la préservation de cette connaissance reste un +enjeu pour assurer un certain contrôle à long terme de la technologie, +toujours plus présente, de la part de la société toute entière. + +Le règlement Européen 2015/2120 prévoit pour les utilisateurs « le droit +d’accéder aux informations et aux contenus et de les diffuser, d’utiliser et +de fournir des applications et des services et d’utiliser les équipements +terminaux de leur choix, ». La question du libre choix du terminal ouvre la +porte à la possibilité pour l’utilisateur de pouvoir choisir des terminaux en +lesquels ils peuvent avoir confiance, sur lesquels ils ont le contrôle et dont +le fonctionnement est connu et largement diffusé. Le projet Replicant +s’inscrit tout particulièrement dans cette démarche, en développant un système +d’exploitation entièrement composé de logiciels libres, basé sur le code libre +d’Android, diffusé par Google. Il s’agit, à partir de cette base libre, de +développer les logiciels nécessaires à la prise en charge matérielle de +différents appareils mobiles, de manière plus ou moins complète mais avec un +minimum de fonctionnalités disponible. Replicant s’inscrit donc au niveau du +système d’exploitation, mais les problématiques de la confiance, du contrôle +et de la connaissance des appareils concernent plus largement l’ensemble des +composants des appareils mobiles. S’il est en général aujourd’hui possible de +remplacer le système d’exploitation de ces appareils, la tâche est autrement +moins aisée pour d’autres composants critiques tels que les logiciels de +démarrage, qui s’exécutent avant le système d’exploitation, mais également les +environnements d’exécution de confiance qui s’exécutent pendant toute la durée +d’utilisation des appareils avec les privilèges les plus élevés sur +l’appareil. Les appareils qui, en plus de présenter une connectivité TCP/IP à +l’Internet sont également connectés au réseau GSM disposent d’un composant +dédié à cette communication mobile, le baseband ou modem. Tout comme les +logiciels cités précédemment, le logiciel qui s’exécute sur ce modem est bien +souvent protégé par une signature numérique qui rend impossible sa +modification par quiconque ne possède pas la clef privée du fabricant, qu’il +ne divulgue pas. Il est ainsi impossible d’exécuter du logiciel libre dans ces +cas de figure, n’offrant ainsi jamais à l’utilisateur une véritable confiance, +ni de véritable contrôle ou une connaissance complète de son fonctionnement. + +De cette façon, on retire du pouvoir aux utilisateurs finaux, qu’il s’agisse +d’individus ou d’entreprises intermédiaires qui utilisent et intègrent ces +appareils, qui est alors dans les mains du fabricant des appareils. Il s’agit +ainsi de consacrer l’union entre le matériel d’une part et le logiciel qui +s’exécute sur celui-ci d’autre part. Pour autant, le logiciel se caractérisant +comme des instructions pouvant être modifiées, il est une utilisation tout à +fait légitime pour l’utilisateur de pouvoir modifier le logiciel s’exécutant +sur chacun de ses appareils, qui est par nature dissocié de l’aspect matériel +qui permet son exécution. On souhaite donc particulièrement insister sur cette +distinction fondamentale, de l’appareil d’une part et du logiciel qu’il +exécute d’autre part. + +Cette capacité de modifier les logiciels présente par sa nature de nombreuses +opportunités d’innovation par la très grande flexibilité qu’elle offre, qui +permet l’élaboration d’applications et de services innovants qui sont tout à +fait de nature à favoriser l’ouverture d’Internet et le développement de +l’activité qui lui est associée. + + |
